Se relire par l'image
Ce colloque constituera le second volet d’une recherche consacrée à la relecture des écrivains par eux-mêmes, dont les travaux ont été publiés en 2007 (La Relecture de l’œuvre par ses écrivains mêmes. Tome I : Tombeaux et testaments ; Tome II : se relire contre l’oubli ? xxe siècle, sous la direction de Mireille Hilsum, Éditions Kimé).
Issus d’une journée d’études et d’un colloque organisés à l’université Jean Moulin (Lyon III) en 2005 et 2006, ils n’envisageaient que les formes écrites de la relecture de soi par soi : rééditions, autocommentaire, autotraduction, passage d’un genre à l’autre (du roman au théâtre, ou au livret d’opéra, etc.).
Ces travaux privilégiaient la notion d’écart – divorce ou tension – entre le texte relu et ce qui le relit, à distance. Celle-ci permettait de montrer que la relecture, qui refait le texte, est aussi ce qui le défait : fail better, disait Beckett dans l’image qui compose la couverture des deux tomes mentionnés et ouvre encore ce présent colloque.
« Échouer mieux », trouver une fécondité dans l’écart et la tension, telle est la devise qui préside à la rencontre de l’image et du texte, et à la relecture du texte par l’image.
Nous souhaiterions en effet aborder cet autre mode de retour sur l’œuvre ancienne que constitue la mise en image d’un texte par son auteur même, en centrant les recherches sur le xixe et le xxe siècle et en envisageant l’image dans le livre, sur l’écran et sur la scène. Il peut s’agir :
- des images qu’un auteur choisit d’insérer dans une nouvelle édition de ses textes, sous son contrôle, que ces images soient de sa main ou non ;
- de la réalisation par l’auteur d’un film, à partir de ses textes, pour le cinéma ou la télévision ;
- de l’élaboration, toujours par l’auteur, des éléments plastiques d’une scénographie de ses œuvres
La notion de relecture suppose que l’image n’apparaisse qu’en seconde instance et n’appartienne pas au temps de la genèse, même si la distinction peut être délicate dans certains cas. L’investigation de ce nouveau champ tentera de dégager, dans le cadre de cette distinction, les formes et les enjeux des pratiques décrites.
Jeudi 19 novembre 2009, salle Dussane
- 9h30 : accueil et introduction par Jean-Charles Darmon, Mireille Hilsum, Hélène Védrine
10h Nicolas Wanlin (Université d’Artois), Le Capitaine Fracasse de Gautier illustré par Doré : une entreprise éditoriale entre relecture du romantisme et aspiration moderne
- 10h30 Clément Dessy (ULB, Bruxelles), Rompre par l’image. Réflexions sur les différentes éditions du Voyage d’Urien d’André Gide (1893).
- 11h Paul Edwards (Paris VII), Gaston Lavalley et l’illustration photographique en 1894 du Maître de l’Œuvre de Norrey, ou : comment faire parler les pierres dans l’architecture du livre
- 11h30 discussion et pause déjeuner
- 14h Hugues Marchal (Paris III), Écrivains graphologues, une autre relecture de soi
- 14h30 Martine Lavaud (Paris IV), Se relire par le portrait, ou le texte « envisagé » (1839-1939)
- 15 h discussion et pause
- 15h 45 Dominique Carlat (Lyon II), La relecture par l'image chez les surréalistes. Quelques exemples
- 16h15 Thomas Augais (Lyon II), Les Beaux Quartiers : roman d'Aragon réécrit au présent par Giacometti
- 17h45 Dominique Vaugeois (Pau) Se relier par l’image : Aragon iconographe
- 18h15 discussion
20h30 Projection : Un homme qui dort de George Perec et Bernard Queysanne, présenté par Maryline Heck (Saint Etienne)
Vendredi 20 novembre 2009, salle des actes
Se relire par l’illustration (suite)
- 9h Camille Pageard (Rennes II), De Psychologie de l’art aux Voix du silence. La refonte illustrative d’André Malraux à travers les épreuves d’imprimerie
- 9h30 Laurent Demanze (ENS-Lyon), Pierre Michon
- 10h discussion et pause
- 10h 45 Gilles Bonnet (Lyon III), Paysage fer de François Bon : aller-retour
- 11h 15 Lionel Verdier (Lyon III), Les photolalies de Denis Roche
- 11h45 discussion et pause déjeuner
- 14h Olivier Bara (Lyon II), Balzac et la scène
- 14h30 Patrick Bray (University of Illinois, Urbana-Champaign), Georges Sand : images du peuple et pour le peuple
- 15h discussion et pause
- 15h45 Guy Ducrey (Strasbourg), Victorien Sardou ou la mise en scène comme relecture de soi
- 16h15 Hélène Laplace-Claverie (Avignon), Jules Verne et les « fééries scientifiques »
- 17h15-18h débat avec Valère Novarina, lecture et relecture par l’image (illustration, décors, mise en scène)
Samedi 21 novembre 2009, salle dussane
Se relire par la scène (suite)- 9h Olivier Penot-Lacassagne (Paris III), Beckett, par lui-même
- 9h 30 Catherine Brun (Paris III), D'une co-mise en scène l'autre : Vinaver relecteur de L'Ordinaire.
- 10h discussion et pause
10h45 Jasmine Jacq (Besançon), La pratique du scénario littéraire, ou le cinéma comme tentation chez les écrivains russes de l’avant-garde (1910-1920)
- 11h15 Mireille Brangé (Vérone), Six personnages en quête d'auteur ou le cinéma comme relecture selon Pirandello
- 11h45 discussion et pause déjeuner
- 14h Marc Cerisuelo (Aix), Inspiration/expiration ou les regards d’Orphée
- 14h30 Jean-Louis Jeannelle (Paris IV), La métamorphose du regard : Malraux et la relecture audiovisuelle des Ecrits sur l'art
- 15h Anne-Marie Baron (Paris), Être sans destin, du roman au film, auto-adaptation d'un récit autobiographique (Kerterz/Koltai)
- 15h30 discussion et pause
- 16h 30 Bérénice Bonhomme (Nice), La Route des Flandres de Claude Simon : du roman au découpage cinématographique
- 17h Matthieu Rémy (Nancy II), Ecrire la société du spectacle, filmer la société du spectacle (Guy Debord)
- 17h30 Discussion